| !! Cette histoire est déconseillée à un public jeune, la plupart des propos pouvant heurter leur sensibilité !! |
26 Février 2018
Quand elle arrête de rire, je la regarde doucement, je n’ai pas trop éclairé la pièce, mais elle a l’air de rougir. Je vais choisir ce moment pour poser la question qui fâche.
- Pourquoi étais-tu si triste sur ce banc ?
Elle arrête de sourire instantanément, je suis désolé, mais je devais lui poser la question. Elle tripote son alliance nerveusement puis finit par prendre la parole.
- C’est Alan… je crois… je crois qu’il me trompe.
- Qu’il te trompe ?
Pourquoi ferait-il un truc pareil, la femme que j’ai en face de moi est une vraie perle, il serait inconscient s’il la laissé filer.
- Il…il rentre tard ces dernières semaines, il est… irascible, distant… il…il…
- Il quoi ?

Je la vois rougir encore puis reprendre en chuchotant.
- Il ne me touche plus… je ne le reconnais plus.
- Je suis sûr que tu penses au pire, tu es belle comme tout, pourquoi ferait-il ça, il a tout ce qu’il faut à la maison.
- Tu le penses ?
- Évidement !
Jessica me sourit sincèrement, et quand je pense qu’elle va retrouver ses esprits, elle les perd encore plus, elle fond sur moi à la vitesse de l’éclair et ses lèvres trouvent les miennes, elles sont douces, je ferme les yeux un instant en attrapant sa nuque, elle approfondie notre baiser. C’est une belle femme, désespérée, et moi, je n’ai touché personne depuis des semaines, je me laisse faire docilement. Ma conscience me rappelle à l’ordre très vite, me lançant un seau d’eau glacé en plein visage, je lâche sa bouche.

- Désolée, bafouille-t-elle.
- Non, c’est moi qui suis désolé, je n’aurais pas dû te laisser continuer… je suis sûr qu’Alan est juste débordé en ce moment, peut-être un gros contrat en amont, rien de plus.
- Mon dieu Alan… ne lui dis rien s’il te plait… Je l’aime tellement…
- Je le sais. Je ne vais rien lui dire, mais tu devrais le faire, toi, quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend les escaliers.
Je passe ma main sur sa joue et lui souris amicalement, j’aime Holly, il faut que je lui envoie un message, j’ai peur qu’elle me remplace.
- Tu as raison. Je vais rentrer, avant de faire encore plus de dégâts !

Elle se lève, me remercie, s’excuse encore, timidement, puis reprend le chemin de chez elle. J’ai plus qu’à espérer que son mari, mon boss, accessoirement, ne soit pas trop remonté contre moi… En me dirigeant vers la cuisine, j’attrape mon portable pour écrire à Holly, je veux juste savoir si elle va bien, ça me paraît être le minimum pour le moment. Je reste un moment debout à surfer sur les réseaux sociaux, on se dit qu’on va jeter un petit coup d’œil et on reste à naviguer pendant des heures.
Je suis tiré de ma navigation par des coups qui sont frappés sur la porte d’entrée et Aïko qui aboie, l’espace d’un instant, je pense que c’est Alan, mon estomac se serre, puis je me dis d’assumer, s’il avait embrassé Holly, qu’est-ce que j’aurais fait ? Si ça peut lui faire plus de bien de me mettre une droite, alors ainsi soit-il !
Alors que je m’avance déterminé, je distingue derrière les carreaux, une silhouette plus frêle, plus féminine. J’ouvre et je découvre un amas de cheveux foncés, un petit corps mince, tête baissée, je fronce les yeux pour mieux y voir.
- Je ne savais pas où aller…
De sa petite voix elle lève le voile sur son identité, ma jolie petite inconnue n’est autre que Nyx. Je souris, sans m’en rendre compte.
- Entre.

Quand elle relève la tête, à la lumière, je découvre les contusions et les cicatrices qu’elle a sur le visage, je perds mon sourire immédiatement.
- Grand Dieu, qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?
Elle hausse les épaules et répond nonchalamment.
- Je suis tombée dans la douche !
- Ce n’est pas drôle Nyx.
Elle se met à éclater en sanglots, ce soir est définitivement un soir de merde. Après Jess, maintenant Nyx, il manquerait plus qu’Holly et Alan débarque pour finir le travail. Je la rapproche doucement de moi pour la consoler.
- Hey, doucement, je suis là maintenant.

Je la ramène, elle aussi, dans le salon et pendant qu’elle continue de pleurer, je débarrasse le verre de ma voisine et lui rapporte un verre propre plein d’eau fraîche. Je m’installe à côté d’elle et elle s’approche de moi, j’espère qu’elle ne va pas m’embrasser elle aussi ! Aïko est assise devant Nyx, elle est adorable.
Je bouillonne de savoir ce qui lui est arrivé, je suis sûr que c’est cet enfoiré qui lui a fait ça… j’ai envie de secouer Nyx et de lui dire de cracher le morceau tout de suite pour que j’aille lui refaire le portrait, mais je doute que ce soit ce dont elle a besoin actuellement. Je me satisfais de contenir ma rage au fond de moi et de la serrer dans mes bras.
Les larmes finissent par tarir, elle lève ses grands yeux vers moi, je déteste la voir comme ça. Je lui donne son verre d’eau qu’elle descend d’une traite.
- Je suis désolée, je ne savais pas où aller…
- Ne t’excuse pas, tu as bien fait, tu veux bien me dire ce qu’il s’est passé ?

Elle hésite un instant puis la tête baissée, elle commence à parler.
- C’est Alaric, il a juste pété les plombs, c’est tout…
- C’est tout ? Ce mec t’a complètement défiguré et c’est tout ?
- Il ne l’a pas fait exprès.
- De qui te moques-tu Nyx ?
- J’aurais pas dû venir ici putain…
Elle commence à se lever pour partir. Je me lève aussi pour la suivre.
- Où tu vas comme ça ?
- Je rentre chez moi d’accord.
- Tu veux quoi ? Qu’il finisse le travail ?

Elle s’apprête à me répondre violemment quand une voix masculine se fait entendre dehors, je crois que ça y est mon heure à sonner.
- Sors de là petit con !
Nyx se tourne vers moi, elle est apeurée, elle veut retourner chez elle, alors que même ici elle a peur de la première grosse voix qui résonne derrière ma porte. Cela me fait doucement rigoler. Je m’apprête à aller ouvrir au mari bafoué, mais c’est lui qui vient à moi, sa femme sur ses talons, Nyx témoin de la scène.
- Alan, tu es fou, arrête, il n’a rien fait.
- Si tu crois que je laisserais un autre que moi te peloter sans réagir, tu te trompes.
Il m’agrippe par le col et me menace de son index. La chienne commence à grogner.
- La prochaine fois que tu poses les mains sur ma femme, je te tue.
- Alan ça suffit.

Je ne dis rien pour me défendre, qu’est-ce que je pourrais lui dire, il a raison et je crois qu’il a besoin de ça pour regagner sa place auprès de sa femme.
- Je sais.
- Et ne fais pas le malin.
Son crochet du droit entre directement en contact avec mon œil, ça pique, mais je suis parfait dans mon rôle.
- Comme ça, tu te souviendras de ne pas toucher ce qui est à moi.
- Alan, seigneur.
Il s’éloigne, et Jessica reste à côté de moi.
- Je suis tellement désolée.
- Ne le sois pas, il a raison et tu as ta réponse, je t’avais dit qu’il n’allait pas voir ailleurs.
- Merci Seth, je suis encore désolée. Je vais essayer de le calmer.

Elle court rejoindre son mari et je me rends compte que pendant ce temps Nyx a décidé de s’éclipser. Je pourrais me mettre à sa recherche, mais c’est son choix, je ne peux pas la retenir contre son grès. Ma pommette me picote, je vais dans la cuisine chercher un sac de bouffe congelé pour me le mettre sur le point d’impact.
Putain ça brûle. Mais je le mérite et au fond, je suis heureux que mes voisins soient de nouveaux sur la même longueur d’onde, je les aime beaucoup. Je monte les escaliers et je vais me jeter dans mon lit avec mon sac congelé sur le visage.